Les objectifs de développement durable(1) adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies en 2015 illustrent une fois encore à quel point il ne peut y avoir de développement durable si les questions économiques, sociales et environnementales ne sont pas traitées ensemble. Les objectifs ultimes en sont l’éradication de la pauvreté et la préservation de la planète. Ces objectifs forment la feuille de route pour le développement durable à l’horizon 2030. Tous les États membres de l’Union y ont souscrit. L’Union européenne détient une série de compétences qui lui permettent de contribuer à la réalisation de ces objectifs.
Pour le Centre d’Action Laïque, l’Union européenne doit prendre pleinement sa part de responsabilité dans la mise en œuvre de cet agenda international. Il est en effet inconcevable que plus d’un milliard de personnes vivent dans la pauvreté dans le monde et que le développement des uns continue à se faire sur le dos des autres. L’Union européenne doit résolument se montrer solidaire dans cette quête collective et aligner ses politiques de façon cohérente avec les impératifs du développement durable, ce qui semble loin d’être le cas aujourd’hui lorsqu’on mesure les priorités budgétaires européennes ou les politiques commerciales internationales.
Le Centre d’Action Laïque demande dès lors aux institutions européennes de:
Accroître la mobilisation des ressources au service de la concrétisation des objectifs de développement durable. Les Nations unies estiment qu’il faudrait investir annuellement entre 5000 et 7000 milliards de dollars publics et privés par an pour y parvenir d’ici 2030. Si la volonté de voir le secteur privé contribuer au financement devait se confirmer, il est essentiel de s’assurer que les investissements privés soient réellement mis au service du développement et que l’argent public destiné à soutenir des investissements ne serve pas des intérêts qui iraient à l’encontre d’un développement durable.
Rechercher de nouvelles sources de financement du développement par une intensification de la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale ou en application du principe du pollueur-payeur.
Garantir que les traités commerciaux s’inscrivent dans le respect des droits fondamentaux et des objectifs du développement durable, n’affaiblissent pas la capacité législative des États ou leurs législations protectrices des travailleurs, des consommateurs ou de l’environnement et préservent les juridictions publiques comme mécanismes de règlement des différends entre États et investisseurs.
Assurer la cohérence entre la réalisation des objectifs de développement durable et la politique menée par les autres institutions internationales telles que la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international.
Contribuer à l’élaboration par l’ONU d’un instrument international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et autres entreprises et les droits humains.
D’une façon générale, assurer la plus grande démocratie en matière de gouvernance mondiale et veiller à associer étroitement les organisations représentatives de la société civile à la prise de décision.
(1) « Transformer notre monde: le Programme de développement durable à l’horizon 2030 », résolution adoptée le 25 septembre 2015 par l’Assemblée générale des Nations unies.
Une sélection de pistes de solutions proposées par le Centre d'Action Laïque qui illustrent comment le mouvement laïque souhaite que soient traduites concrètement les valeurs de liberté, égalité et solidarité.